Nous n’avons pas besoin de vin pour survivre. Et franchement, quoi de plus libérateur ?
Contrairement à la nourriture, le vin n’est pas un produit de première nécessité.
C’est cette liberté, ce plaisir doux, qui est exactement la raison pour laquelle le vin naturel a tout son sens.
Si on fabrique quelque chose dont on n’a pas besoin pour notre survie, autant le faire bien.
Le vin est surproduit. Le vin est surindustrialisé. Et ce n’est pas une fatalité.
L’argument selon lequel on ne peut pas cultiver bio à grande échelle, qu’on ne peut pas se passer de pesticides de synthèse tout en restant rentable, est compréhensible (pas pour autant acceptable) dans les systèmes alimentaires industriels.
Mais le vin ?
Le vin n’a aucune excuse.
C’est notre chance.
Tout un monde agricole, vin biologique, vin biodynamique, vinification naturelle, qui attend de devenir la norme, et non l’exception.
Je ne suis pas là pour culpabiliser les vignerons conventionnels.
Je comprends les pressions économiques, les systèmes hérités, la peur du changement. Je préfère marcher à leurs côtés, partager ce qui est possible, et les aider à trouver leur chemin vers quelque chose de meilleur. C’est l’esprit sur lequel cette communauté a été construite.
Mais nous nous devons aussi d’être honnêtes sur là où nous nous trouvons.
Nous vivons encore dans un système construit pour la production de masse d’après-guerre, un modèle pensé pour la quantité, pas pour la qualité, pas pour le soin, pas pour la terre, pas pour les gens. Ce modèle a largement dépassé sa date de péremption.
La réalité à laquelle on fait face aujourd’hui est urgente :
• Le changement climatique reconfigure chaque vignoble sur terre
• La sixième extinction de masse se joue dans les sols sous nos pieds
• Notre santé collective, humaine et écologique, nous demande de faire mieux
100% des vignobles du monde devraient être cultivés en agriculture biologique
Pas comme un idéal utopique, non, comme le standard minimum.
La viticulture biologique, l’agriculture biodynamique et la vinification naturelle ne sont pas des tendances. Ce ne sont pas des « options premium » pour consommateurs aisés et avisés. Ce sont des outils de régénération des sols, de biodiversité, et de dignité fondamentale pour ceux qui cultivent, vinifient et pour ceux qui boivent le vin.
Nous ne faisons qu’un avec la Planète et tous les êtres vivants.
Il est temps que nos vins reflètent cette vérité.
Chris
